Bateba

Lobi · Côte d’Ivoire

Référence: EMS-104

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Matériau
Bois et pigments

Les Lobi occupent une partie du nord de la Côte d’Ivoire, au nord de la réserve de faune de Buna et au sud du Burkina Faso.…

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Description originale complète

Les Lobi occupent une partie du nord de la Côte d’Ivoire, au nord de la réserve de faune de Buna et au sud du Burkina Faso. C’est un peuple d’agriculteurs et de chasseurs.

Les Lobi croient en un Dieu suprême, Thangbo Thu, créateur de l’univers, qui intervient dans la vie humaine par l’intermédiaire d’une multitude de Thils, esprits invisibles chargés de protéger les humains, et des Kontuor, génies de la forêt ou de la terre, petits êtres roux qui peuvent se manifester visiblement aux humains. Les Lobi organisent leurs communautés autour de ces esprits de la nature : lorsqu’on les honore, ils manifestent leur bienveillance par des pluies abondantes, une bonne santé pour les personnes, les animaux et les champs, et de nombreuses naissances ; si on les ignore, ils envoient des épidémies dévastatrices, des sécheresses et des souffrances. Ces esprits transmettent aux devins les lois que les adeptes doivent suivre pour recevoir leur protection. Ils sont représentés par les bateba, sculptures taillées par leurs propriétaires, surtout les chefs de famille. À cette fin, les thils ont demandé aux humains de faire une statue de l’ancêtre fondateur du lignage pour perpétuer leurs connaissances au fil du temps, car leur message silencieux se révèle à travers la parole vénérée des ancêtres. L’important chez les bateba n’est pas leur esthétique, mais leur force magique, leur capacité d’action et de protection. Destinés à protéger leurs propriétaires, ils sont placés dans les tombes, dans les coins sombres des maisons ou sur les autels familiaux, auprès de nombreux autres bateba incarnant autant d’esprits, car de nombreux dangers guettent les humains. La plupart des bateba sont masculins, mais il en existe aussi des féminins. Les bateba masculins sont souvent représentés avec des seins assez proéminents, ce qui leur confère un aspect hermaphrodite. Les statues féminines sont appelées Thilburu et sont des statues des autels familiaux. Les coiffures des bateba sont généralement lisses.

Suivant les instructions des sorciers, on construit aussi des autels à l’intérieur des habitations ou sur les toits. Les bateba, normalement en bois mais parfois sculptés dans la pierre, sont de petites statuettes dépassant rarement un demi-mètre ; certaines n’atteignent pas dix centimètres. Ils sont généralement taillés dans des bois blancs et tendres, mais aussi dans des bois rougeâtres et denses.

Les bateba duntundora comptent parmi les plus grands et ont des vertus apotropaïques : ils assurent une protection en échange d’offrandes et, par leur aspect agressif, éloignent les forces du mal des familles. D’autres bateba incarnent différents Thil, reconnaissables à leur attitude. Le Thil dangereux se présente les bras levés ou ouverts, tandis que d’autres, plus pacifiques, adoptent une attitude ordinaire, les bras le long du corps ; ils peuvent même représenter une femme ou une maternité, symbole de la fertilité et de la richesse qui inonderont la maison. Ces statuettes servent à communiquer avec les esprits qui les habitent, les thils, ancêtres du clan et du matriclan qui régissent la vie quotidienne. Par paires, les bateba favorisent la fertilité de la femme, surtout la naissance de jumeaux.

Le nom bateba signifie « les remèdes qui murmurent des paroles obscures ».

Petit bateba avec des traces de pigmentation, dans le plus pur style lobi. Patine du temps.

Informations techniques supplémentaires
Datation attribuée
Milieu du XXe siècle ou antérieur.

Données transcrites du catalogue original ; elles ne constituent pas une vérification physique récente.

Pays sur la carte

Côte d’Ivoire. Le pays associé au catalogue est affiché, pas l'emplacement actuel de la pièce.

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